Bilan diagnostique kinésithérapique (BDK) :
quatre exemples rédigés.
Qu'il soit initial, intermédiaire ou de fin de traitement, le bilan kiné a une structure codifiée par la HAS et attendue par les prescripteurs. Cette page donne la trame des huit rubriques, puis quatre bilans rédigés en entier : lombalgie, ligament croisé, coiffe des rotateurs, hémiparésie, et la trame vierge à copier.
Ce que la réglementation attend, en France
Le bilan diagnostique kinésithérapique est obligatoire pour tout traitement depuis le décret du 8 octobre 1996. Ce n’est pas une formalité de dossier : c’est la pièce qui porte votre diagnostic, vos objectifs et le choix de vos techniques.
Trois points sont régulièrement oubliés, et ce sont ceux qu’un contrôle regarde.
La fiche de synthèse s’adresse au médecin prescripteur. Dès le début du traitement pour le bilan initial, et de nouveau à l’issue de la dernière séance lorsque le traitement comporte au moins dix séances. En dessous de dix séances, l’information du prescripteur peut se limiter à une copie de la demande d’accord préalable.
Le bilan se cote. La NGAP prévoit une cotation forfaitaire en AMK pour le bilan, distincte de celle des séances. Un bilan rédigé mais non coté est un travail fait et non facturé.
Le protocole se décrit en entier. Au-delà du diagnostic et des objectifs, le bilan précise les techniques retenues, le nombre et le rythme des séances, et le lieu du traitement. Le nombre seul ne suffit pas.
Ces exigences sont françaises. Un modèle générique, ou conçu pour un autre pays, ne les porte pas : il parlera d’organisme assureur là où votre correspondant est un médecin, et n’aura ni cotation, ni RPPS, ni fiche de synthèse. La trame ci-dessous les porte.
Les 3 types de bilan kiné
| Type | Quand | À quoi ça sert |
|---|---|---|
| Bilan initial | Première séance | État des lieux clinique, diagnostic kiné, objectifs, nombre de séances projeté |
| Bilan intermédiaire | À mi-parcours ou toutes les 10 séances | Évolution, adaptation des objectifs, justification de la poursuite |
| Bilan fin de traitement | Dernière séance | Synthèse évolution, orientation de sortie, éventuelle demande de renouvellement |
Les 8 rubriques d'un bilan complet
1. Identification
Nom, prénom, âge, date du bilan, prescripteur, date de la prescription.
2. Motif et prescription
Pathologie traitée, date d'apparition, éléments d'imagerie si pertinents.
3. Antécédents pertinents
Chirurgicaux, traumatiques, médicaux influant sur la prise en charge.
4. Examen clinique
Inspection, palpation, testing articulaire (amplitudes chiffrées), testing musculaire (cotation MRC), examen neurologique si pertinent.
5. Échelles et tests validés
EVA douleur, Schober, Constant (épaule), KOOS, Roland-Morris, Oswestry, DN4, Tinetti… Choisir selon la pathologie.
6. Diagnostic kinésithérapique (BDK)
Le bilan diagnostique kinésithérapique (BDK) est la synthèse des déficits, limitations d'activité et restrictions de participation (modèle CIF). C'est le cœur du bilan : il justifie la prise en charge.
7. Objectifs et moyens
Objectifs court/moyen terme, techniques envisagées, nombre de séances prévues.
8. Signature et identification du praticien
Nom, titre, N° ADELI/RPPS, cabinet, coordonnées.
Quatre exemples de bilan rédigés en entier
Les guides sur le BDK ne manquent pas ; les bilans réellement écrits, si. Voici quatre cas complets, sur quatre situations différentes et aux trois moments de la prise en charge. Ils suivent la trame des huit rubriques ci-dessus, dans l'ordre. Patients fictifs, chiffres cohérents : ils sont là pour être lus, comparés et adaptés, pas recopiés tels quels.
1. Bilan initial : lombalgie commune chronique
Identification : Mme F. Roussel, 47 ans, secrétaire comptable, droitière.
Motif et prescription : Lombalgie commune chronique évoluant depuis 14 mois, sans signe neurologique déficitaire. Prescription du Dr Ferrand du 04/03/2026 : 12 séances de rééducation du rachis lombaire.
Antécédents pertinents : Deux épisodes de lumbago aigu (2022, 2024), résolutifs. Station assise professionnelle prolongée, environ 7 h par jour. Aucune chirurgie rachidienne. Aucun drapeau rouge à l'interrogatoire.
Examen clinique : Distance doigts-sol 28 cm. Schober +2,5 cm. Extension lombaire limitée et reproduisant la douleur. Contracture des paravertébraux L3-L5, prédominant à droite. Testing : transverse de l'abdomen 2/5 avec défaut d'activation en décubitus, moyens fessiers 4/5. Pas de déficit sensitivomoteur, réflexes vifs et symétriques, Lasègue négatif des deux côtés.
Échelles et tests validés : EVA 6/10 au repos, 8/10 en fin de journée. EIFEL 13/24. FABQ activité physique 18/24.
Diagnostic kinésithérapique : Déficit de mobilité lombaire en flexion et en extension, associé à une insuffisance du contrôle lombo-pelvien. L'ensemble est entretenu par une appréhension du mouvement (FABQ 18/24) et par la posture professionnelle. Le facteur limitant principal à ce stade n'est pas la douleur, c'est l'évitement.
Objectifs et moyens : À 4 semaines, EVA inférieure ou égale à 4/10 et distance doigts-sol sous 15 cm. À 12 semaines, EIFEL sous 8 et reprise d'une activité physique régulière. Moyens : éducation à la douleur, reprogrammation du contrôle lombo-pelvien, renforcement progressif en charge, exposition graduée aux mouvements évités, programme d'auto-rééducation quotidien.
Signature : Fait à Lyon, le 6 mars 2026. Camille Berthier, masseur-kinésithérapeute D.E., N° RPPS 10001234567.
2. Bilan intermédiaire : reconstruction du LCA, 22e séance
Identification : M. Y. Berthelot, 24 ans, footballeur amateur.
Motif et prescription : Reconstruction du ligament croisé antérieur du genou droit (DIDT) le 12/03/2026 par le Dr Aubert. Prescription de 30 séances. Bilan intermédiaire réalisé à la 22e séance.
Antécédents pertinents : Entorse du même genou en 2023, traitée fonctionnellement. Aucune lésion méniscale associée lors de l'intervention.
Examen clinique : Amplitudes actives 0-135° contre 0-140° du côté sain, sans flessum. Épanchement absent, test du flot négatif. Cicatrices souples et mobiles. Périmètre de cuisse à 10 cm du pôle supérieur de la patella : 46 cm à droite contre 49 cm à gauche. Testing quadriceps 4/5, ischio-jambiers 4+/5. Lachman souple, arrêt dur.
Échelles et tests validés : EVA 1/10 au repos, 3/10 après effort. IKDC subjectif 68/100, contre 41/100 au bilan initial. Saut monopodal : 78 % du côté sain. Y-Balance antérieur : différentiel de 5 cm.
Diagnostic kinésithérapique : Récupération articulaire complète. Persistent un déficit de force et de contrôle neuromusculaire du quadriceps et une asymétrie fonctionnelle mesurée à 78 %, incompatible avec une reprise des sports de pivot-contact.
Objectifs et moyens : À 6 semaines, indice de symétrie au-dessus de 90 % sur les tests de saut et différentiel de périmètre de cuisse sous 1,5 cm. Course en ligne autorisée dès 85 % de symétrie. Moyens : renforcement excentrique du quadriceps, travail proprioceptif en instabilité croissante, réathlétisation en ligne puis en changements de direction, progression conditionnée à des critères chiffrés et non à un délai.
Signature : Fait à Lyon, le 14 août 2026. Camille Berthier, masseur-kinésithérapeute D.E., N° RPPS 10001234567.
3. Bilan de fin de traitement : tendinopathie de la coiffe des rotateurs
Identification : Mme C. Vallet, 55 ans, aide-soignante.
Motif et prescription : Tendinopathie de la coiffe des rotateurs de l'épaule droite, dans un contexte de conflit sous-acromial. Prescription du Dr Nguyen du 15/01/2026 : 15 séances. Bilan de fin de traitement après la 15e séance.
Antécédents pertinents : Port de charges répété et travail au-dessus de la tête. Infiltration sous-acromiale en décembre 2025. Aucune chirurgie.
Examen clinique : Élévation antérieure active 165° contre 110° à J0 ; abduction 160° contre 95° ; rotation externe coude au corps 60° contre 30°. Rythme scapulo-huméral restauré, compensation scapulaire disparue. Testing de la coiffe : sus-épineux 5/5, sous-épineux 5/5. Manœuvres de Neer et de Hawkins négatives, alors qu'elles étaient positives au bilan initial.
Échelles et tests validés : EVA 1/10 en activité, contre 7/10 à J0. QuickDASH 9/100, contre 52/100 à J0. Score de Constant 84/100.
Synthèse : Objectifs atteints. Récupération fonctionnelle complète pour les gestes professionnels, travail au-dessus de la tête compris. Plus aucun réveil nocturne depuis cinq semaines.
Orientation : Fin de prise en charge. Programme d'entretien remis : renforcement des rotateurs trois fois par semaine et étirement de la capsule postérieure. Reprise du travail sans restriction. Nouvelle consultation conseillée en cas de réapparition des douleurs nocturnes.
Signature : Fait à Lyon, le 30 avril 2026. Camille Berthier, masseur-kinésithérapeute D.E., N° RPPS 10001234567.
4. Bilan initial : hémiparésie après accident vasculaire cérébral
Identification : M. R. Lemoine, 71 ans, retraité, vit avec son épouse dans une maison de plain-pied.
Motif et prescription : Hémiparésie droite séquellaire d'un accident vasculaire cérébral ischémique sylvien gauche survenu le 02/06/2026. Sortie de soins de suite le 25/07/2026. Prescription du Dr Weber du 28/07/2026 : rééducation neurologique, 30 séances.
Antécédents pertinents : Hypertension artérielle traitée, fibrillation auriculaire sous anticoagulant. Aucune chute depuis le retour à domicile. Deux marches à franchir à l'entrée du domicile.
Examen clinique : Hémiparésie droite à prédominance brachiale. Commande motrice volontaire présente aux quatre segments. Spasticité du triceps sural cotée 2 sur l'échelle d'Ashworth modifiée, fléchisseurs du poignet à 1+. Sensibilité superficielle conservée, sens de position du gros orteil altéré. Marche possible avec une canne simple sur 120 m, avec fauchage discret à droite et diminution du temps d'appui unipodal. Aucun trouble de la déglutition. Manque du mot léger, compréhension conservée.
Échelles et tests validés : Berg 44/56. Vitesse de marche sur 10 m : 0,68 m/s. Timed Up and Go 19 s. Fugl-Meyer membre supérieur 42/66. MIF motrice 71/91.
Diagnostic kinésithérapique : Trouble de l'équilibre dynamique et de la marche, par déficit du contrôle moteur sélectif de l'hémicorps droit, aggravé par la spasticité du triceps sural et par l'altération de la proprioception distale. Risque de chute élevé au regard du Berg et du Timed Up and Go. Le membre supérieur reste peu intégré aux activités bimanuelles.
Objectifs et moyens : À 3 mois, vitesse de marche au-dessus de 0,8 m/s, Berg au-dessus de 48, marche extérieure sur 300 m avec canne, et intégration du membre supérieur dans deux activités bimanuelles quotidiennes. Moyens : équilibre en double tâche, rééducation de la marche sous contrainte de vitesse puis d'endurance, postures et étirements du triceps sural, thérapie par contrainte induite modérée, éducation de l'aidant, sécurisation du domicile.
Signature : Fait à Lyon, le 30 juillet 2026. Camille Berthier, masseur-kinésithérapeute D.E., N° RPPS 10001234567.
La trame vierge, à télécharger
La même structure, sans le contenu. Elle tient en huit rubriques et fonctionne pour les trois moments du bilan. Deux formats, libres de droits, sans compte et sans adresse à laisser.
Le PDF s’imprime et s’annote à la main. Le fichier Word se remplit au clavier et se garde dans le dossier. Les deux portent les mêmes huit rubriques que la trame ci-dessous, et rappellent en pied de page à qui la fiche de synthèse doit être adressée.
1. Identification : nom, âge, profession, latéralité.
2. Motif et prescription : pathologie, date et auteur de la prescription, nombre de séances, moment du bilan.
3. Antécédents pertinents : ce qui éclaire la prise en charge, et rien d'autre.
4. Examen clinique : amplitudes, force, douleur, trophicité, fonction, chiffrés.
5. Échelles et tests validés : au moins un score reproductible, comparé au bilan précédent.
6. Diagnostic kinésithérapique : déficiences, limitations d'activité, restrictions de participation, et le facteur limitant principal.
7. Objectifs et moyens : objectifs datés et mesurables, moyens mis en œuvre.
8. Signature : lieu, date, nom, titre, numéro RPPS.
Le point le plus souvent bâclé est le sixième. Un diagnostic kinésithérapique n'est pas la répétition du diagnostic médical : c'est ce que vous, kinésithérapeute, concluez de votre examen : quelle déficience limite quelle activité, et laquelle vous traitez en premier. C'est aussi la rubrique qu'un contrôle regarde.
Erreurs courantes
- Bilan initial trop succinct : sans diagnostic kiné explicite, impossible de justifier la prise en charge en contrôle CPAM.
- Pas d'échelles chiffrées : « amélioration nette » ne vaut pas une EVA 2/10 vs 7/10.
- Bilan de fin absent : omis par manque de temps, il prive pourtant le prescripteur d'une information précieuse et laisse un dossier incomplet.
Questions fréquentes
Combien de bilans faut-il rédiger dans une prise en charge ?
Trois moments font consensus : un bilan initial avant de commencer, un bilan intermédiaire en cours de traitement, et un bilan de fin de traitement. Sur une prescription courte, le bilan intermédiaire peut se confondre avec un compte-rendu de séance étoffé, mais le bilan initial et celui de fin ne se remplacent par rien.
Le bilan doit-il être transmis au médecin prescripteur ?
Le bilan initial et celui de fin de traitement ont vocation à lui revenir : ce sont eux qui referment la boucle qu'il a ouverte en prescrivant. En pratique, le plus lu est le bilan de fin, parce qu'il dit ce que la prise en charge a produit. Voir notre modèle de courrier au médecin.
Que doit contenir le diagnostic kinésithérapique lui-même ?
Les déficiences constatées, les limitations d'activité qui en découlent, les restrictions de participation, et surtout le facteur limitant principal. Un diagnostic qui recopie le diagnostic médical n'apporte rien : ce qu'on attend de vous, c'est la conclusion de votre propre examen.
Faut-il obligatoirement des scores chiffrés ?
Aucun texte n'impose une échelle précise, mais un bilan sans chiffre ne se compare pas. « Amélioration nette » ne vaut pas « EVA 2/10 contre 7/10, EIFEL 5/24 contre 13/24 ». Un seul score reproductible, repris d'un bilan à l'autre, suffit à rendre l'évolution démontrable.
Combien de temps faut-il pour rédiger un bilan ?
Entre dix et vingt minutes à la main pour un bilan initial correctement structuré, davantage en neurologie. C'est ce temps-là, répété, qui fait renoncer, et c'est pour ça que KinéScribe existe : vous saisissez vos mesures, le document sort rédigé, vous le relisez et vous signez.
Où trouver le cadre réglementaire et la cotation ?
Les règles de facturation et le cadre conventionnel relèvent de l'Assurance Maladie : elles évoluent, et une page de conseil n'est pas la bonne source pour ça. Référez-vous à la fiche BDK d'ameli.fr.
Générer un bilan en 15 secondes avec KinéScribe
Saisissez les éléments clés, motif, évolution, échelles, objectifs, et KinéScribe produit un bilan structuré, respectant le plan HAS, avec le vocabulaire médical français attendu par les prescripteurs.
M. Dubois, 58 ans. Bilan fin de traitement. Lombalgie L4-L5, 10 séances. EVA 7→2. Schober +3→+5,5. Roland-Morris 14→4. Reprise activités.Le modèle d'IA extrait la structure, propose le diagnostic kiné, formule l'orientation de sortie et la signature. Les identifiants patient ne quittent jamais votre navigateur, remplacement par jetons avant envoi.